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Juan Minana, écrivain miniaturiste

Juan Minana

Des nouvelles du monde réel

Gabriel et Teddy, son ami, deux étudiants qui ont décidé de se lancer dans l'aventure cinématographique, se trouvent impliqués dans un tournage à Barcelone où intervient John Wayne. L'acteur américain, pour une raison inconnue et surtout inattendue, disparaît. Gabriel, aidé de son ami, va tenter de le retrouver.

Le lecteur met un certain temps à comprendre le titre, tant il est imprégné de ce monde du cinéma que l'auteur lui décrit ; puis peu à peu il saisit que le monde réel c'est en fait toutes ces situations ordinaires de la vie quotidienne, de celle qui ne fait pas la une des quotidiens à scandale, mais aussi tous ces gens anonymes, ou dans l'ombre, ceux dont on ne parle pas mais qui sont pourtant indispensable pour que cela tourne rond, et enfin tous ces lieux inconnus mais qui grouillent de vie ; de tout cela il nous parle incidemment, au détour d'une des péripéties pour retrouver John Wayne. Juan Minana nous fait aussi découvrir une autre Barcelone, qui n'a rien à voir avec celle d'un Vasquez Montalban par exemple, mais qui est tout autant unique. On parcourt des lieux, des situations mais un peu comme dans un rêve, on sait que ce n'est pas le sujet principal, qu'il faut à Gabriel et Teddy retrouver impérativement John Wayne, mais on ne se lasse pas de ce parcours en arrière plan.

A ce premier niveau de lecture s'en superpose un autre ; un voyage dans le temps, retour dans le passé mais aussi projection dans l'avenir ; à la carrière de John Wayne, esquissée, alors qu'il est dans sa pleine gloire, correspond celle entreprise et réalisée par Teddy ; c'est en quelque sorte, une incursion dans l'histoire du cinéma qui ravira tous les fans du septième art ; d'abord par la personnalité des acteurs évoqués, comment rester insensible à la jeune Claudia Cardinale ?, mais aussi parce qu'ils nous sont présentés non comme des stars capricieuses, fantasques, m'as-tu vu etc... mais bien comme des êtres humains faits de chair et de sang.

Et la conclusion s'impose, un peu à la façon de "Rose pourpre" d'un certain Woody Allen.

Un bon roman qui donne envie de connaître un peu plus de cet écrivain espagnol quadragénaire.

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