Une information m'a profondément choqué : cette annonce que la police française avait distribué des tracts à Villiers-Le-Bel pour inciter la population à dénoncer, moyennant récompense pouvant aller jusqu'à 3000 euros, les délinquants qui avaient tiré sur des policiers. Pourquoi cet appel à la délation me choque ? parce que moralement on ne lutte pas contre la délinquance en employant des moyens de voyous ; parce que, ensuite, demander aux gens de dénoncer tout en leur garantissant l'anonymat fait appel à la lâcheté, la plus primaire qui soit, celle qui ne fait que renforcer la dépendance par rapport à l'ordre établi. Et comme j'ai été heureux d'entendre ce citoyen français tenir ces propos : il trouvait cette mesure scandaleuse car, habitant lui aussi dans cette cité, il ne pouvait cautionner une telle lâcheté vis-à-vis de personnes qui vivaient dans la même cité, qui étaient confrontés aux mêmes problèmes que lui, même s' il désapprouvait complètement leurs agissements. Et puis pourquoi me le cacher, cet appel à dénonciation a ce je ne sais quoi qui fait alors ressembler notre société qu'on voudrait évoluée, à cette société, encore toute primaire et qui se cherchait au 19e siècle dans ce far west où redoutables étaient ces affiches "wanted". Devrons-nous régresser à ce point, pour trouver des coupables ? Régression ? Ce triomphe de Poutine ! Oh qu'il fait peur cet homme au visage si froid qu'on en arrive à se demander s'il est encore capable de rire, que dis-je rire, sourire, oui, seulement sourire ... et quand on voit avec quelles méthodes héritées des pires caricatures il est capable de manipuler tout un peuple ; avec lui, la Russie renoue avec les pires traditions du tsarisme ; certes les tsars n'organisaient pas d'élections, mais leur emprise sur le peuple, les moujiks, se basaient sur un état de violence terrorisant tel que toute révolte était inenvisageable. Or que fait Poutine ? Ce n'est pas formellement la même chose, mais dans le fond cela revient au même : ceux qui se déclarent ses opposants sont soient éliminés physiquement (combien de journalistes n'ont-ils pas été assassinés ?) soit lorsqu'il ne peut utiliser la première solution, les rendre complètement impuissants : le cas de Kasparov est vraiment significatif ... Retour en arrière qui fait froid dans le dos, comme celui auquel nous prépare Bush : vous l'avez entendu de quelle morgue il traite les rapports de ses propres services de renseignement, et avec quelle violence il menace l'Iran des foudres de son armée au prétexte que ce pays aurait de quoi faire des armements nucléaires (ce que démentent ses propres services !!!) ; dans le rôle de justicier fou, on ne fait guère pire ... et il s'apparente bien plus à ces shérifs fous du 19e siècle qu'à un politique du 21e siècle. Mais le pire dans tout cela, c'est bien qu'au nom du réalisme politique (merci Sarkosy d'avoir été le seul chef d'état occidental à féliciter Poutine de son succès électoral !), ou au nom d'une justice implacable (Merci MAM d'avoir dépensé l'argent du contribuable dans des tracts ignobles !) on en revient à cette idéologie la plus exécrable parce qu'elle nie toute forme de vie en société, qu'importent les moyens pourvu que l'individu prime. Et si on entendait la dernière sonate pour piano de Beethoven ?
tu as écrit tout ce que moi je voulait dire
c'est un vrai retour en arrière, tous ces "chef d'état" si moderne ....
où irons-nous dans notre futur ?
un bonjour italien erica
Rédigé par: ericablogger | 05 décembre 2007 à 22:08