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Tant que vous serez riche et bien portant ...

Imaginons !

Qu'au ciel ne plaise, vous êtes victimes d'une grave maladie et fort heureusement vous êtes remboursés à 100 % des médicaments fort onéreux qui, à défaut de vous en guérir totalement, retardent l'échéance fatale tout en rendant acceptable la douleur.

Mais voilà, vous ne vous rendez pas compte comme vous coûtez, vous et vos semblables, à la Sécurité Sociale ? Je me suis laissé dire par la ministre de la Santé, l'inénarrable Roselyne Bachelot, que c'était de l'ordre de 240 millions d'euros : inadmissible de laisser se creuser le trou de la dite Sécurité de cette façon, et hop une coupe sombre, finis les remboursements à 100% pour tous les médicaments liés de façon secondaire à votre maladie : qu'importe si, par exemple, votre diabète peut vous occasionner des maladies cardio-vasculaires, si vous voulez les éviter, vous pourrez prendre les médicaments adéquats, mais ils ne vous seront remboursés qu'à 30%.

D'un côté donc 240 millions d'économiser, de l'autre de grands risques pour les malades, qui en fin de compte coûteront bien plus à la Sécurité, car si hospitalisation, il y a pour accident cardio-vasculaire non prévenu ... voyez les tarifs de l'hôpital publique, et sortez vos calculettes ...

D'un autre côté, on ( toujours la même ministre) vous dit qu'on va demander aux mutuelles de voir si elles ne pourraient pas prendre en charge ce remboursement total ! Bien sûr qu'elles le pourront, et elles vont même se frotter les mains, car elles vont pouvoir augmenter d'autant leurs tarifs, et comme elles sont loin d'êtres des philanthropes ... sûr que le smicard, malgré sa formidable hausse de 0,8%, pourra se payer ces mutuelles ...

Tiens, tiens, mais cela ne ressemblerait-il à accepter une fois pour toutes l'idée que le droit à la santé n'est pas égal pour tous, et qu'il peut très bien y avoir une médecine à deux vitesses, celle pour ceux qui auront les moyens de se soigner, et les autres ...

Mais justement les autres ?

De quel droit va-t-on les culpabiliser d'être malades ? est-ce de leur faute s'ils ont attrapé ces saloperies de maladies comme le cancer ou le diabète ou le SIDA ? Certaines de ces maladies ne sont-elles pas aussi des maladies dûes aux conditions de vie ou de travail ? Alors, non seulement ils seraient victimes de maladies sans en être responsables, mais en plus ce serait à eux d'en assumer une partie des soins ? (ce qu'ils ont fait et font ne serait-ce que par leurs cotisations !)

Mais le plus scandaleux c'est cette brutale remise en cause d'un principe dont la France pouvait s'honorer : l'ensemble de la société est solidaire de la santé de chacun de ses membres, et le bien portant (mais qui sait précisément jusqu'à quand on est bien portant, et bien malin qui peut se vanter qu'il ne sera jamais malade !) contribue par ses cotisations à soigner du mieux possible celui qui aujourd'hui est malade.

Remettre en cause, au prétexte d'un déficit accru de la Sécurité Sociale, ce principe de solidarité et vouloir commencer à faire supporter par les seul malades le coût de leurs soins, est proprement scandaleux et montre bien comme nos dirigeants se soucient de bien être de leurs administrés. Car, en fait, puisque trou il y a, pourquoi ne pas chercher plutôt à ponctionner ceux qui vivent et largement des maladies : n'y a-t-il pas des pistes à explorer du côté des laboratoires pharmaceutiques, par exemple, dont les bénéfices permettent, par exemple, d'offrir à des médecins de mirifiques séjours à l‘étranger ? Mais il n’y a pas que les laboratoires pharmaceutiques, il suffit de chercher un peu ...

Mais voilà, faut-il faire de la peine à ceux qui possèdent les richesses ?

C’est sans doute le seul problème du libéralisme : faire en sorte que ceux qui ont de l’argent en aient toujours plus !

 

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