Giuseppe Culicchia : Un été à la mer
Nous sommes en juin 2006, ce fameux juin où l’Italie va remporter la Coupe du monde de football. Un quadragénaire, Luca, jeune marié, emmène sa femme, la trentenaire Benedetta, sur les lieux de son enfance, la Sicile, et en particulier la région de Trapani. Tout semble les opposer, autant elle est superficielle et ne s’intéresse qu’à son amour, autant lui, lecteur assidu de journaux, semble au fait de tout ce qui se passe en Italie et dans le monde, et semble très détaché par rapport à l’exigence de sa femme, l’enfant qu’elle désire. Comme de juste, ce pèlerinage va lui remémorer son père et la fin tragique qu’il a eue, et il va même retrouver une relation d’enfance, Katja, son premier amour, qui a maintenant une grande fille de 17 ans, Andrea, …
On reste très mitigé devant ce roman.
Certes, il a des côtés très séduisants, au moins intellectuellement ; en particulier ce sens du leitmotiv qui ponctue régulièrement le récit : la lecture des journaux et les titres qui se reprennent d’un jour à l’autre, comme si le temps s’arrêtait dans son déroulement. Les coups de téléphone portable que sa mère lui envoient, et qui tombent toujours mal à propos ; mais le dialogue échangé est chaque fois le même, comme si la relation mère-fils s’était une bonne fois pour toutes figée.
Certes, il y a quelques constatations sur la société italienne qui semblent d’une perfide justesse venant d’un italien, alors qu’elles sembleraient injustement calomnieuses provenant d’un étranger : l’amour déraisonné des italiens pour le football (ah, ces fameux tifosi, qui ont si peu à envier aux Hooligans !), ou encore cet entassement de corps sur les plages, ou cette invasion des touristes ! Bien sûr ces mêmes phénomènes sont connus de nombreux pays à vocation balnéaire et touristique, mais il y a, en Italie, ce je ne sais quoi de plus qui les rend insupportables et que dénonce si justement Giuseppe Cullicchia.
Grâce à tous ces aspects positifs on lit facilement ce roman, car pour le reste, il faut bien l’avouer, il n’est guère enthousiasmant ! Que Benedetta veuille avoir un enfant, quoi de plus légitime, que ce soit une obsession, c’est entendu, mais bâtir tout un roman ou presque sur ces descriptions d’ovulation, de petite culotte, de moments favorables ou non, et de ces appareils qui permettent de savoir si … sans oublier ces impuissances répétées de Luca … passe une fois, deux voir trois, mais quand cela devient une véritable ritournelle, alors là franchement cela devient d’un ennui qui frise le ridicule.
Comme cette relation sexuelle que va nouer Luca avec la jeune Andrea : je veux bien que les italiens, comme de nombreux méditerranéens aient le sang chaud, mais quand même, tromper sa femme lors de son voyage de noces, il y a comme une invraisemblance qui rabaisse malheureusement ce roman aux frontières du roman de hall de gare.
Dommage que la littérature italienne nous offre cette vision !
Commentaires