Alberto Vigevani : Un été au bord du lac
Quatorze ans et des vacances d’été passées au bord du lac de Come. Giacomo va découvrir les prémisses de l’amour physique avec Emilia, et l’amitié avec un jeune garçon, Andrew, à la santé fragile et qu’une mère, très belle protège un peu trop de toutes les agressions possibles.
Tel est le thème central de ce roman, dont on peut craindre une certaine inconsistance.
Mais on aurait tort de se fier aux seules apparences, car au-delà de ces thèmes, somme toute éculés, et surtout très fréquents dans la littérature, il y a une exploration assez fine de l’âme humaine, et de ses ressorts chez un jeune adolescent.
On ne peut rester insensible à cette découverte que l’amour n’est pas que physique et qu’il y a une certaine nécessité à ce que sa base physique repose sur une autre base tout aussi solide ; banalité sans nul doute, mais exprimée avec la naïveté et surtout la pureté par un adolescent non encore habitué aux tourbillons de l’érotisme voir de la pornographie, elle devient charme et entraîne le lecteur dans ses propres souvenirs où il s’émerveillait de ses propres découvertes.
De même cette relation subtile qui va se nouer entre Andrew et Giacomo, grâce à la présence d’une mère mystérieuse et fascinante, nous séduit par cette espèce d’aura ambigüe qui l’entoure : amitié ou découverte d’un amour que la société (de l’époque !) réprouve pour ne pas dire interdit ? Amitié réelle ou seulement masque pour ne pas avouer que par delà Andrew, c’est la mère qui trouble et attire, comme un autre amour (réprouvé et interdit !) Giacomo ?
Il ne se passe pas grand-chose dans ce roman en dehors de cette double relation qui sera d’autant plus mise en valeur que les autres relations, avec quelques camarades ou amies de sa sœur, resteront, elles, très superficielles.
De Come et de son lac, on ne connaîtra pas grand-chose en dehors de quelques villages environnants nommés comme lieu de promenades en bicyclette.
Mais c’est un bon petit roman, à lire non seulement pour se changer les idées, mais aussi pour se rappeler soi-même … ce qui n’est pas forcément inutile !
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