Paul Féval : Maman Léo
Maurice, sergent de l’Armée qui a conquis l’Algérie, et chouchou de Maman Léo, une dompteuse qui officie à Paris, se retrouve accusé d’un meurtre : un juge a été assassiné…
Mais voilà il est amoureux de Valentine, la sœur de ce juge assassiné, et c’est tellement réciproque que la belle, aidée de Maman Léo, va aider à son évasion. Car en fait, le pauvre Maurice n’est que la victime d’un coup monté et dans lequel les « habits noirs », cette fameuse bande d’assassins, sont largement impliqués.
Ecrit voilà plus d’un siècle et demi, et par l’un des pères du roman policier français, ce roman aurait pu être, avec un tel sujet, d’une bouleversante modernité ; mais je le confesse, et tant pis si je fais grincer quelques savantes têtes, je me suis mortellement ennuyé à sa lecture.
Son style, pourtant, a cette saveur du 19e siècle, et est très proche de celui de nos contemporains ; la façon aussi de conduire l'action s'apparente à celle de nos romanciers actuels ; non, la cause de mon désintérêt est à rechercher ailleurs, et même pas dans les quelques invraisemblances (trop long à énumérer !).
A lire, on a plutôt l’impression que l’auteur lui-même ne croit pas en ce qu’il raconte. Il égrène les principales phases d’une longue action, un peu comme un stratège récapitule les différents moments d’une opération militaire, mais sans jamais donner l’impression de s’impliquer dans ce récit. Le suspens devient alors totalement télécommandé, et de ce fait ses effets sont complètement nuls et non avenus ; même l’action finale où les conjurés qui se sont rebellés contre le père sont châtiés par le père lui-même, est d’un conventionnel saisissant.
Du coup, les réactions des personnages eux-mêmes sont artificielles : les déclarations d’amour, par exemple, entre Maurice et Valentine sont dignes d’une production de série B, et ne réussissent absolument pas à nous émouvoir, bien au contraire.
J’avais négligé jusqu’à présent cet auteur, mais j’avoue que je n’en ai aucun regret, et que je ne suis même pas certain de vouloir lire un autre roman de lui, à moins que …
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