La division de l’UMP sur la tenue d’un débat, puis d’une convention, (ce sera bientôt, une simple conférence !!!) sur la laïcité aurait de quoi faire rire si, par derrière, n’apparaissaient des faits beaucoup plus graves.
D’abord où est la signification d’une telle démarche : est-ce à un parti politique tout seul, certes majoritaire à l’Assemblée Nationale, mais tellement minoritaire dans le pays (cf. les dernières élections cantonales), de « réfléchir » sur la laïcité et après d’imposer ses points de vue ? La Laïcité n’a-t-elle pas des textes de base, ceux d’un Diderot, par exemple, textes repris par le texte législatif fondateur, la fameuse loi de 1905 du petit père Combes ? A-t-il vraiment besoin d’être remis à jour ce principe qui la guide : la religion, quelle qu’elle soit, n’a pas à se mêler du politique, et les principes religieux, ainsi que les comportements qui en découlent, n’ont absolument pas à interférer sur la vie quotidienne de chaque citoyen : et si les dits citoyens ont le devoir de tolérer les principes religieux, ils ont aussi le droit de ne pas être le moins du monde importunés par les comportements religieux.
Cela n’est-il pas clair ?
Alors vouloir redéfinir cette notion de laïcité en y mêlant une autre sur l’Islam cela sent un ostracisme, une mise à l’index de cette religion que même le plus intransigeant ou sectaire des laïcards ne saurait tolérer un instant … ou alors, joignons à cette réflexion sur la laïcité toutes les religions représentées ou non en France. Car après tout la présence d’un minaret et le chant d’un muezzin appelant à la prière ne me dérange pas plus que les cloches appelant les fidèles à aller à la messe. Un muezzin qui chante faux (très rare !) ou remplacé par un enregistrement médiocre (très fréquent !) me dérange autant que le son aigu ou vulgaire de certaines cloches de quatre sous de certains (trop nombreux, à dire vrai !) de nos clochers … Et ce n’est pas parce que j’irai admirer la ligne harmonieuse des arabesques dans une mosquée ou des tableaux du Titien ou du Véronèse dans une église (vénitienne de préférence !!!) que je ferai allégeance à la religion musulmane ou la catholique. Et cette tolérance que je pratique, sans la moindre contrainte, vis-à-vis de ces religions, comme des autres, d’ailleurs, me permet d’être beaucoup plus intolérant vis-à-vis d’elles lorsqu’elles prétendent m’imposer leurs principes dans ma vie de citoyen : l’Etat de droit et le Droit Français n’ont absolument pas à se plier aux règles du Coran, aussi respectable soit-il, de même qu’ils n’ont absolument pas à satisfaire aux desiderata du Vatican.
Mais en tout état de cause, si la société française était en état de crise laïque, et que la laïcité soit effectivement menacée, ce n’est pas à un seul parti, en encore moins à celui majoritaire, de reprendre le débat, mais bien à l’ensemble du peuple français : et là les procédures sont multiples, il suffit de vouloir les mettre en place !
Alors qu’y-a-t-il derrière cette volonté de l’UMP, enfin de certains de ses dirigeants à commencer par notre général d’opérette, Nicolas Sarkozy, d’imposer ce débat ?
Il y a, il faut bien l’avouer, l’aveu d’une déliquescence totale de ce parti qui se veut majoritaire, mais qui depuis l’avènement de irréfléchi et capricieux secrétaire, Sarkozy à la petite pensée, est tiraillé dans tous les sens, passant avec une aisance déconcertante du blanc au noir. Et que certains de ses leaders commencent à s’en apercevoir et à vouloir enfin une ligne cohérente, cela n’a rien de surprenant : comment leur expliquer en effet qu’après avoir fait des mamours à la gauche, en dévoyant même certains de ses chefs, on fasse machine arrière toute, et qu’on veuille séduire l’électorat d’extrême-droite, celui du FN ? Car c’est bien aussi le sens de ce débat que veut lancer Sarkozy et l’UMP. L’activisme et l’agitation politique n’ont jamais remplacé une ligne politique !
Déliquescence car ils semblent oublier (en fait ils veulent seulement faire diversion !) la réalité de la dureté du quotidien des français, une vie de plus en plus chère, et un chômage toujours aussi dur, avec toutes les conséquences que ces deux phénomènes entraînent.
L’UMP et ses chefs veulent oublier ce qu’ils ont contribué à empirer, et par ce débat, ils montrent encore une fois leur incapacité totale à gouverner, c’est-à-dire à s’occuper de la vie des Français, ou plus exactement des gens qui vivent dans ce territoire nommé France (et la distinction que je fais n’est pas un seul effet de style, loin de là !)