Cela fait bientôt une semaine que « L’affaire » Strauss-Kahn tient la une des journaux et autres médias ; à croire que seul cet évènement compte. Je veux bien croire qu’il s’agit là d’un fait exceptionnel, le 7ème personnage du monde (c’est du moins ce qu’on dit dans les milieux les mieux informés !) accusé d’avoir agressé sexuellement une femme de chambre.
Accusé à tort ou à raison ? toute la question serait là s’il n’y avait quelques preuves indiscutables, à en croire les autorités judiciaires américaines. Alors certains crient au complot, acceptons ce fait, comme DSK lui-même le laissait entendre il y a quelque temps en avouant à un grand quotidien qu’il s’attendait à un coup fourré de Guéant qui pourrait utiliser son penchant pour les femmes ; pourtant si complot il y a eu, pourquoi est-il tombé dans ce panneau ?
De toutes les façons, ce n’est pas de savoir si DSK est oui ou non innocent qui nous importe maintenant, puisque désormais son avenir politique français est complètement terminé et que, comme l’on dit, sa carrière politique est bien définitivement derrière lui.
Par contre ce qui est important ce sont les leçons qu’on peut d’ores et déjà en tirer !
La première étant que selon que vous êtres puissant ou non vous n’avez absolument pas droit au même traitement :
- Traitement de l’information : la même « aventure » arrivée au premier péquin serait pratiquement passée inaperçue ; et ni les journaux ni la télévision n’y aurait consacré la moindre ligne, ou alors, juste un entrefilet ou quelques secondes en fin de journal télévisé !
- Traitement juridique, y compris aux Etats-Unis : l’histoire de la caution, même si elle est légale là-bas, est quelque chose de profondément révoltant ; le premier venu à qui serait arrivée la même « aventure » et qui n’aurait pas les moyens financiers de se payer une caution, alors, ce serait l’incarcération jusqu’à son procès !
La seconde consiste bien en ces réactions que l’affaire a suscitées et en particulier celles du monde politique !
Quelle hypocrisie manifeste ! La droite qui n’ose se réjouir de voir éliminé un candidat dangereux aux Présidentielles
Mais ce qui est beaucoup plus dangereux pour notre démocratie, c’est de constater que très rares sont les commentaires qui montrent l’incidence sur l’ensemble de nos politiques d’un tel scandale : entre la résignation (tous pourris, je vous l’avais bien dit, qu’on a dû entendre dans nombre de cafés) et la colère (des bombes c’est la seule solution contre nos hommes politiques, ce qu’on a du entendre aussi dans nombre de cellules anarchisantes !) il n’y a aucune place pour une réflexion en profondeur, dépassionnée.
Car, et c’est la troisième grande leçon : on voit bien en quel état de déconfiture se trouvent les idéologies, et en particulier la gauche !
Cela arrange bien la droite de nous faire croire que DSK pouvait être socialiste ; la droite qui compte bien sur cette affaire pour faire oublier toutes les sales petites et grandes combines auxquelles elle se livre en toute impunité. Il faut bien l’avouer aussi que du temps de sa splendeur, les socialistes ne se privaient pas pour reconnaître comme un des leurs DSK, car sa personnalité semblait tellement bien les servir ! Mais voilà, avoir des convictions pour telle et telle idéologie, c’est aussi la mettre en pratique et avoir des actes conformes à ce qu’on défend. Alors qu’on me permette de douter, comment peut-on avoir tant de richesses (une caution de un million de dollars, plus des garanties avec 5 autres millions, ce n’est pas rien !) et en même temps lutter contre l’inégalité des revenus ? Comment peut-on outrager ainsi un être humain (de précédentes affaires indiscutables et reconnues par DSK lui-même montrent que son attachement à la femme était bien plus de l’ordre de la maladie mentale que d’une quelconque adhésion à un idéal socialiste qui se doit de respecter tous les êtres !), et ensuite se réclamer du socialisme ?
On a souvent reproché à certains intégristes (Rocard du temps où il était secrétaire du PSU, par exemple) de pratiquer l’exclusion d’un parti les membres qui ne seraient plus « conformes » à l’idéologie dudit parti ; le PS ne se serait-il pas honoré en reconnaissant que DSK ne pouvait plus être membre de la famille socialiste à partir du moment où il devenait Directeur du FMI. Cela n’aurait en rien diminué de la valeur de DSK, mais il y a des moments où la vérité doit être dite et proclamée haut et fort pour le bien de tous, et cela aurait sûrement permis au PS d’avoir une attitude bien plus franche dans ce scandale DSK.
Alors, je sais bien, on cache toute cette analyse sous ce sacrosaint principe de « Présomption d’innocence ».
Ce principe je suis prêt à l’accepter, mais vous ne trouvez pas étonnant qu’on se précipite dessus pour « excuser » tout homme politique quelque peu important … et dans le même temps cela ne vous gêne pas quelque peu ce nombre important de présumés (et réels) innocents qui croupissent dans des prisons en attente de leurs jugement, tout simplement parce qu’ils ne sont que des citoyens ordinaires ?
Quant au 4ème volet des interrogations, il est tellement banal qu’il ne vaut même pas la peine de l’évoquer : le mal qu’un tel scandale ferait à l’image de la France ! Allez donc, avons-nous la mémoire si courte, et les frasques d’un Nicolas Sarkozy flirtant avec la très jet society n’ont pas plus arrangé l’image de la France que les amours vénales d’un Berlusconi pour l’Italie …
J’ai sûrement oublié d’autres sujets d’interrogation, mais cette histoire commence à tellement m’énerver qu’il faut mieux que je m’arrête avant de casser mon clavier !
sa carrière politique pourrait continuer en Italie pourquoi pas même une place de ministre vu le comportement du chef du gouvernement!!
Rédigé par : Erick | 22 mai 2011 à 23:28