(Légende : Berlusconi est allé en mer ; on a retrouvé son cadavre 22 heures après)
Quelle leçon viennent de nous donner les Italiens !
Et pourtant leur Silvio avait tout fait pour tenter de les dissuader d’aller voter ; le contraire de chez nous où toutes les autorités, politiques, civiles et civiques, religieuses ou non, appellent à l’acte civique dès lors que se pointe la moindre élection. Pensez l’impensable, un chef de gouvernement, Silvio Berlusconi en personne, qui incite le corps électoral à aller à la plage plutôt que d’aller voter ! Inconcevable, et pourtant il a osé le faire : il redoutait tellement la popularité des questions (trois) soumises à referendum que le seul moyen constitutionnel pour qu’elles ne soient pas prises en compte, était qu’il y ait moins de 50% d’électeurs … il a tellement fait pour que ce chiffre ne soit pas rejoint qu’il a même été jusqu’à mettre des bâtons dans les roues pour que les italiens résidant à l’étranger aient quelque difficulté à aller voter.
Mais il a eu tout faux !
Plus de 57% des électeurs italiens sont allés voter.
Et les chiffres sont vraiment éloquents :
- 95,6% des électeurs ont refusé la privatisation de l’eau,
- 94,9 % des électeurs ont refusé l’immunité parlementaire à leur chef de gouvernement (à Silvio Berlusconi en personne !)
- et 94 % des électeurs demandent à ce que l’énergie ne soit pas d’origine nucléaire. (1)
Mais bien plus que les chiffres, c’est d’abord la déconfiture totale de Silvio Berlusconi ; déconfiture que devraient méditer nos actuels responsables politiques ! ne pas tenir compte des aspirations profondes de la population, la tenir en mépris aussi par un déni constant de la réalité et par des attitudes immorales (adulation du fric et de tous ces soi-disant avantages qu’il procure, d’un étalage forcené de la richesse à des comportements scandaleux !), cela ne peut durer qu’un temps, et gare au réveil.
Car par delà cette déconfiture, le réveil est vraiment très intéressant ; les yeux s’ouvrent enfin, et il est fort à parier que vont très rapidement émerger de nouvelles forces politiques avec de nouveaux projets d’une nouvelle société où sera partie prenante l’écologie envisagée comme alternative politique (c’est aussi le sens des réponses sur le nucléaire et sur l’eau).
Les yeux s’ouvrent aussi sur cette triste réalité et cet ahurissant spectacle que nous offrent des marionnettes pour qui le pouvoir ne compte que pour ce qu’il rapporte à celui qui l’exerce et seulement à lui et ses amis ; refuser l’immunité parlementaire à Silvio Berlusconi, (2) c’est aussi rejeter cela, et exiger des politiques, de ceux qui sont amenés à prendre des décisions au nom du peuple, de tenir compte de la réalité quotidienne des gens qui font la richesse non seulement d’un pays mais aussi de la planète terre.
Utopie ?
Certes, pour ceux qui possèdent presque tout et qui ne veulent rien partager, même pas les miettes...
Mais il y a parfois des Utopies qui savent prendre le chemin de la réalité (mais qui ne se réalisent hélas jamais, au risque de perdre leur vertu d’Utopie) ; l’histoire fourmille d’exemples.
Avec tout cela comment ne voulez pas être mille fois heureux de cette leçon que nous ont donnée les Italiens !
1 Pour cette analyse, comme pour les chiffres et la photo, je me suis largement servi de : http://iltafano.typepad.com/il_tafano/, site que je ne saurais jamais assez conseiller à tous ceux qui s’intéressent à la vie politique et sociale de l’Italie, et ce d’une autre façon que celle conventionnelle donnée par nos médias traditionnels.
2 Cette leçon, qu’on aimerait bien aussi que le peuple français sache la retenir ! La peur du gendarme que nos autorités manier jusqu’à l’extrême (à preuve toutes les lois liberticides qu’ils promulguent !) on aimerait bien qu’elle s’exerce aussi sur eux, et que toutes les exactions qu’ils commettent soient aussi sévèrement punies ! Inutile de donner des exemples, il y en a tant et tant !
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