Incroyable, invraisemblable, inouï, insensé, ou encore, stupéfiante, saisissante je n’arrive plus à choisir le terme qui conviendra le mieux pour définir l’attitude de Luc Ferry.
Au lieu de se faire tout petit, d’accuser le coup et de laisser passer la tempête qu’a déclenchée son histoire de faux détachement, il en rajoute une bonne louchée et menace des foudres des tribunaux tous ceux qui oseront encore évoquer cette histoire !
Et c’est donc la parole d’un président d’université contre celle d’un ancien ministre et chouchou du pouvoir en place.
Car, et pourtant, Luc ferry devrait bien connaître cette loi sur l’autonomie des Universités qu’on fait voter ses amis politiques, le détachement n’est plus du ressort du ministère et donc du ministre, mais dépend du président d’Université. Or donc, si tel ou tel président refuse à tel ou tel universitaire un détachement, ce dernier n’y peut mais, et doit, que cela lui plaise ou non, assurer ses cours. On comprend que les présidents d’université rechignent de plus en plus à accorder ces fameux détachements : en effet, les accorder c’est aussi (et c’est normal) maintenir le salaire (pardon le traitement) à la dite personne détachée ; mais cela veut aussi dire recruter un autre enseignant pour assurer les cours ; ce qui revient en somme à payer deux personnes au lieu d’une ! Et en ces temps de disette (en fin pas pour tout le monde !!! mais sûrement pour les Universités !), on regarde à deux fois avant d’accepter ce surcoût !
Alors affirmer qu'il bénéficie d'un détachement alors que le président de l’Université dont il dépend le lui a refusé, est déjà un premier mensonge qui n’honore guère celui qui l’énonce, surtout lorsqu’il s’agit d’un philosophe qui proclame urbi et orbi qu’il aime enseigner et qu’il a toujours refusé les emplois bidons ! Et que les médias acceptent de relayer ce mensonge, eh bien, oui, cela me choque.
Comme me choque profondément l’attitude du premier ministre.
Il faut vraiment le faire !
Le président d’université réclame à Luc Ferry le remboursement des traitements versés pour l’enseignement qu’il n’a pas accompli, eh bien, qu’à cela ne tienne c’est le ministère (celui du Premier ministre) qui va le faire en lieu et place de Luc Ferry ! Alors là je ne comprends plus bien, ou Luc Ferry est dans son droit et alors il n’y a pas lieu de rembourser ou … vous avez déduit vous-même, c’est reconnaître implicitement que Luc Ferry n’est plus détaché, au contraire de ce qu’il prétend.
Choquant aussi dans cette attitude du premier ministre : ce ne sont pas ses deniers propres qui vont être utilisés, mais ceux de l’Etat, et ce seront donc nos impôts qui vont contribuer à payer la faute de Luc Ferry. Est-ce donc cela servir l’intérêt de la Nation, ce qui devrait être la préoccupation première de n’importe quel ministre : mettre à disposition d’un petit copain les fonds publics ? Et comme si cela ne suffisait pas, on ajoute à ce traitement une petite prime de 1800 euros, pourquoi se gêner puisque de toutes façons ce sont nos impôts qui serviront à cela … ainsi tout le monde sera content : le gouvernement et Luc Ferry qui pourra continuer à présider un quelconque comité, et l’Université qui va récupérer les sous qu’elle a indûment payés !
Il y a eu un moment de la 5e République, où les affaires louches étant de plus en plus nombreuses, on parlait de la république des copains et des coquins : il semble bien que sous l’ère Sarkozy ce temps soit de retour !