Les faits sont terribles ! Voir ainsi frappée la Norvège est au-delà de l’imaginable.
Quel est le cerveau assez fou pour concevoir froidement et réaliser avec la même implacabilité un double attentat et une tuerie aussi barbare ?
Car de quelle haine contre l’humanité faut-il être habité pour assassiner tant et tant d’innocents ?
Comme si par delà ce geste il y avait la dénégation absolue de ce qu’est la vie, de cette merveilleuse beauté qu’elle suppose !
Et cet homme qu’on dit secret, est–il donc insensible à ce miracle permanent que nous offre notre univers, et qui ne serait rien s’il n’y avait l’esprit humain pour s’en émerveiller ? Du coucher de soleil à ce premier baiser que s’échangent ces adolescents pleins encore de pureté !
Et que pourra-t-il arguer pour justifier son acte barbare ?
Il n’aura même pas « l’excuse » des fanatiques nazis qui prétendaient remodeler le monde et le régenter,
Il n’aura pas non plus « l’excuse » de tous ces intégristes religieux, de l’Inquisition à l’Islamisme, qui revendiquent de donner la mort pour la plus grande gloire d’un dieu qu’ils ont décrété aussi sanguinaire qu’eux !
La haine de la société ? Mais alors, il faut être rendu bien bas pour s’attaquer ainsi à elle : a-t-il donc oublié que sans cette société il ne serait rien et que même sa haine, aussi profonde soit-elle, serait sans le moindre objet ? On ne bâtit pas de société meilleure en massacrant des êtres innocents : l’Histoire est là aussi qui nous l’enseigne !
Quel orgueil peut faire agir celui qui se croit autorisé de supprimer cette vie sans laquelle lui-même ne serait rien !
Le deuil sera dur à mener pour tous ceux qui ont perdu un être cher dans cette tragédie !
Mais quelle leçon aussi pour nos sociétés, et non pas en terme de recherche sécuritaire, car un acte aussi insensé ne peut être prévu ! Non, mais bien en posant cette simple question : par quelle aberration l’organisation de nos sociétés et l’éducation des citoyens qu’elle suppose, peut engendrer de tels individus ? Et ce n’est pas l’affaire de nos seuls politiques, mais bien de celle de chaque citoyen … et cela passe par une remise en cause fondamentale d’un certain nombre de modes de fonctionnement qui isolent de plus en plus l’individu et le rendent ainsi plus perméable aux idées les plus insensées ; c’est aussi renvoyer au miroir aux alouettes certaines facilités qu’on a trop tendance à considérer comme la panacée universelle à la solitude humaine, cette place prépondérante de l’informatique et d’Internet en faisant aussi partie.
Commencer à mener cette réflexion sera sans nul doute bien plus salutaire que les dispositions seulement sécuritaires dont auront la tentation nombre de gouvernements et gouvernants.
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