Tout à ma quête médiévale dans l’Est de la France, j’ai quelque peu négligé l’actualité française, le retour à la réalité française n’en devenant que plus lourd, voir incompréhensible.
A preuve cette façon de vouloir régler les problèmes financiers de la France. Bon, il paraît que nous sommes menacés dans notre portefeuille, et que la maison France, si elle ne réagit pas, fortement va avoir à faire avec ces fameuses agences de notation, qui, si j’ai bien compris, font la pluie et le beau temps au niveau international. Pourtant, là, il y a déjà quelque chose qui cloche : par quelle « super » autorité, ces agences de notation ont-elles le pouvoir de dire ce qui est bien ou mal pour tel ou tel pays ? Je reconnais, et je ne peux absolument pas la contester, l’autorité de mon pays (même si je souhaite que son orientation politique change radicalement !), puisqu’elle est l’émanation de l’expression populaire ; par la force des choses je suis bien obligé aussi de reconnaître l’autorité d’instances internationales comme l’ONU, puisqu’elle est l’expression des différents états (et donc des différentes expressions populaires – enfin il faut le dire très très vite, et le croire tout autant !). Mais les Agences de notation ?
C’est un mystère, enfin tout au moins pour moi … à moins que ce ne soit l’expression la plus raffinée du capitalisme qui, de tout temps, a toujours privilégié ses propres intérêts à ceux des peuples (dont il a pourtant bien besoin pour s’enrichir !)
Mais revenons aux finances de la maison France ; en tel mauvais état qu’il faut donc remettre un peu d’ordre et surtout trouver des sous pour pouvoir non plus assumer notre dette, mais surtout la réduire, et à terme faire en sorte qu’elle n’existe plus.
Et le gouvernement de proposer toute une série de mesures : je les ai prises les unes après les autres, enfin telles qu’elles ont été détaillées dans la presse écrite et dans « le Monde » en particulier ; mais j’avoue que j’ai été fort surpris par un fait pour le moins étrange : dans cette liste, ne figure aucune ponction sur ce qui fait aussi la richesse de notre maison, les entreprises, et en particulier celles qui figurent au CAC 40 ; or, de Pinault à l’industrie du luxe, en passant par le secteur bancaire, elles ont engrangé en 2010 de substantiels profits ! Prenons par exemple l’emblématique Total qui a battu tous les records de profits, en réalisant pour 2010 un bénéfice net de plus de 10 milliards d’Euros ; eh bien, ce qui est extraordinaire, c’est que Total, par des artifices invraisemblables, n’a payé sur cette somme là aucun impôt à l’Etat français ! Et pourtant, à qui Total doit un tel bénéfice ? si ce n’est au cochon d’automobiliste payant qui vient très régulièrement se ravitailler à ses pompes ! Nous avons donc là l’exemple type du libéralisme : pas question de taxer les entreprises sinon … tout de suite le chantage sous entendu, elles pourraient, ces entreprises, licencier, pire délocaliser leurs activités ! Par contre l’Etat doit mettre à leur service toute sa richesse ! Qui finance, par exemple, les routes sans lesquelles Total ne pourrait approvisionner ses stations service ? N’est-ce pas l’Etat et/ou les collectivités territoriales ? Qui a financé les études des ingénieurs et autres employés de Total qui font la richesse de cette entreprise si ce n’est l’Etat ? On pourrait multiplier à l’infini les exemples. Tous ces services coûtent ou ont coûté à la maison France, et donc au citoyen français qui les financent par ses impôts. Il serait donc déjà normal en temps ordinaire que, comme chaque citoyen français, Total participe, par un impôt calculé comme pour les autres citoyens français, au fonctionnement de la maison France ; mais lorsqu’il y a crise (il serait bon aussi, mais c’est un tout autre débat, de s’interroger sur cette crise et ses responsables …) et que l’on demande un effort exceptionnel au citoyen français, il serait plus que normal qu’un même effort exceptionnel soit demandé à Total … et à toutes ces entreprises qui sont dans le même cas de figure, ne serait-ce que pour alléger les sacrifices demandés à tout un chacun, voire annuler certaines dispositions antisociales !
Faute de quoi, nous avons cette liste impressionnante de mesures dont va souffrir une très grande majorité de Français, et en faire plonger un grand nombre dans une misère et une détresse encore bien plus grande … et ce ne serait pas là le moindre des paradoxes que cette crise et la gestion de cette crise amène la France au stade de nombre de pays du tiers-monde où les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches.
et ça recommence ! Cette manie bien française de taper sur les gros ! on brandit Total comme un étendard ! Sus aux plus riches que riches ! faut bien que le pognon rentre ! oui, mais les plus riches que riches ne sont pas assez nombreux ! et ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières ! En outre, brandir Total, c'est jouer l'éternelle carte des gros contre les petits, c'est dresser les riches contre le populo, démarche un peu couillonne ! Si des efforts doivent être faits, ils doivent être faits par tous ! j'ai dit tous ! la solidarité citoyenne doit être totale ou ne pas être ! Chacun, quel que soit son niveau, doit connaître la douleur d'un sacrifice financier pour résorber le déficit, y compris les pauvres ! car les pauvres sont des gens dignes et responsables, ils peuvent et doivent eux aussi participer à l'effort national ! Les exonérer, c'est les considérer comme des irresponsables, des incapables !...
Rédigé par : Robert Lasnier | 28 août 2011 à 23:05
Il ne s'agit ni d'une manie, taper sur les "gros", ni de dénigrer les pauvres, mais seulement de justice fiscale et sociale : pour quelle raison certains "gros" (la société Total est à ce titre emblématique !) ne paient-ils pas d'impôts ? et pourquoi seraient-ils exonérés de participer au sacrifice que, par ailleurs, on impose à l'ensemble des citoyens français ?
Rédigé par : Jacques Poissenot | 30 août 2011 à 07:46