Une enquête visant Christine Lagarde a été ouverte jeudi pour "complicité de détournement de biens publics et de faux" à propos d'un arbitrage en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie en 2008, a annoncé la Cour de justice de la République (CJR).
Cette information ne surprendra que ceux qui ont voulu se voiler la face, et procéder encore une fois à un déni évident de réalité. Il n’était que de lire les informations parues dans « le Canard Enchaîné » avec toutes les preuves avancées pour se rendre compte que la dénommée Christine Lagarde, volens nolens (usons de cette formule par euphémisme pour dire qu’elle ne faisait qu’obéir à des instructions supérieures … suivez mon regard !), avait privilégié le sieur Tapie au détriment de l’Etat et donc des contribuables.
Car par quel hasard avait-elle préconisé l’arbitrage d’une institution privée au détriment des tribunaux de la République, si ce n’est pour permettre audit Tapie d’obtenir des réparations auxquelles il n’aurait jamais eu droit autrement (ce qu’affirmaient les conseillers de la ministre elle-même, et tous les juristes consultés !) ? Elle a eu beau rejeter ces accusations, et prétendre qu’elle avait toujours agi pour le bien général, les faits sont têtus et incontestables : s’il n’y avait pas eu cet arbitrage privé qu’elle a imposé, jamais devant un tribunal de la République Française, Bernard Tapie aurait eu droit à cet insensé dédommagement de l’Etat français ! Ce qui, entre nous, illustrait parfaitement ce que Christine Lagarde entendait par la défense du bien général : faire payer au contribuable français plus de 250 millions d’euros pour le bien être de Bernard Tapie !
Le bon sens et la conscience républicaine s’en trouveront sans nul doute confortés, mais il n’empêche que cela la « fout mal » comme on dit au café du coin. Après DSK éliminé définitivement politiquement et éjecté du FMI, voici donc la protégée de Nicolas Sarkozy, qui a été propulsée au FMI, visée par une enquête de la plus haute institution judiciaire française, celle qui s’occupe de tous les hommes politiques en fonction.
Bien sûr elle ne va pas démissionner, car cette enquête allant prendre sans doute plusieurs années – les lenteurs de la justice française sont parfois comme les voies du seigneur, impénétrables ! -, elle aura tout le temps de montrer ce dont elle est capable au FMI … et les puissants de ce monde n’auront donc guère à craindre d’elle, si elle se comporte avec eux comme avec Bernard Tapie ! mais cela la « fout mal » parce que cette mise en cause de notre ex-ministre sonne aussi comme un diagnostic de notre propre démocratie : privilège l’emportant toujours sur la justice, et le grand ayant toujours raison contre le petit !
Qui va enfin nettoyer cette épouvantable et puante écurie d’Augias qui nous gouverne ?
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