Thierry Jonquet : Mygale
Un chirurgien plasticien de grande renommée, Richard, qui prostitue de façon éhontée Eve, sa compagne, enfin celle qu'il fait passer pour telle.
Un jeune voyou, Alex, se cache après un holdup.
Et un mystérieux journal intime où il est question d’un jeune homme enlevé puis séquestré pendant des mois et des mois jusqu’au moment où son geôlier décide de le faire changer de sexe …
Et les trois histoires se retrouvent liées.
C’est sans nul doute très bien ficelé. Mais impossible pour moi d’adhérer à une telle histoire. Je veux bien croire que l’humain soit un animal particulièrement bizarre, mais là, trop c’est trop ! Comment un être particulièrement intelligent au point d’être une sommité dans son domaine, peut être capable d’une telle barbarie, et de livrer en pâture à des êtres vicieux sa compagne ? Il en est de même pour ce changement de sexe opéré à son insu sur le jeune homme séquestré.
Trop d’invraisemblances aussi dans ce lien qui unit les trois récits ; invraisemblance dans le décalage dans le temps : le lecteur est dérouté par le déroulement de ces trois actions ; on a l’impression qu’elles se passent en même temps, ou plus exactement dans le même laps de temps, alors qu’en fait le journal en italique est antérieur ; et quand on le découvre, alors, et même si on en est impressionné, le concours de circonstances apparaît vraiment trop gros ; tellement artificiel et aussi invraisemblable qu’il est impossible d’y souscrire.
De coup toute la construction apparaît comme une reconstruction purement factice, arbitraire, et en tout cas tellement improbable qu’elle n’a plus aucun lien possible avec une quelconque réalité, rendant par là-même ce roman, fade, complètement fade.
J’avais autrefois été séduit par Thierry Jonquet … mais avec ce roman … et ce ne sera pas une grande perte pour vous si vous vous dispensez de le lire.