Xavier Houssin : La fausse porte
Dans le genre illisible, on ne fait guère mieux ! Je ne sais si c’est une mode, ou si c’est la façon profonde de s’exprimer de l’auteur, en tout cas, je ne peux absolument pas supporter son type de style : un sujet, un verbe, un complément, point, et on recommence, en ajoutant éventuellement un adjectif ou même un adverbe, point et on recommence … et ainsi de suite !
De temps en temps, oh surprise, cette phrase indépendante devient une principale et s’y trouve, enchaînée, une subordonnée … mais c’est tellement rare !
Pourquoi ce style a-t-il le don de m’énerver ? Pour une raison bien simple, c’est que, l’auteur se privant de tout lien de relation entre deux phrases, eh bien, il n’y a plus de cheminement possible de la pensée ; il n’y a plus de récit cohérent, l’antériorité et les conséquences n’existent plus. De même finies toutes les nuances (et Dieu sait si la langue française excelle en la matière !), et on se retrouve avec un récit terne, terne, terne ! A force de vouloir faire simple, l’auteur tombe dans un simplisme qui nie toutes les richesses et subtilités de la langue française !
Un véritable supplice : et je me demande bien pourquoi je me suis entêté à poursuivre et à aller jusqu’au bout de ce roman !
C’est sans doute par la nature même du sujet ; car il y avait tant et tant à dire et à écrire sur ce passage toujours redouté par les parents et les premiers concernés : l’entrée en sixième. L’enfant qui quitte définitivement son petit monde pour aborder celui de l’adolescence ; c’est le moment de tous les dangers, subir la domination de ces grands qui veulent faire la loi, au prétexte qu’ils sont dans une classe supérieure et qu’ils ont un ou deux ans de plus. Ou encore cette nouvelle organisation du travail, ce découpage qui impose une toute autre discipline à laquelle l’enfant n’est pas forcément préparé ; grande est alors la tentation de s’y opposer, au risque de devenir un cancre.
Il y avait aussi tant et tant à explorer sur le climat familial qui s’instaure alors, surtout lorsque la mère élève seul son enfant, et qui, plus est, est elle-même enseignante : ce conflit de plus en plus latent entre les aspirations à sa propre liberté et cet amour maternel ou vers la mère.
Bien sûr tout cela est évoqué, comme cette amitié avec un de ses très rares condisciples de primaire, amitié qui ne va pas résister au simple fait que les deux enfants ne sont plus dans le même collège …
Et on se plait à imaginer ce qu’un tel sujet aurait pu donner comme roman si seulement l’auteur avait su exploiter les ressources de la langue française, autrement que comme ... un élève de sixième dont ce serait la première rédaction !
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