Fort heureusement je ne mangeais qu’une galette, lorsque j’ai entendu l’inénarrable Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat à je ne sais quoi, déclarer publiquement :
« Je souhaite pour mon pays que tous les hommes politiques et toutes les femmes politiques soient aussi intègres que l'est le président de la République»! »
J’ai failli m’étouffer, tant mon rire fut énorme, fracassant !
On n’a jamais vu un exécutif français violer aussi délibérément les secrets d’une instruction judiciaire : car les explications vaseuses de Brice Hortefeux pour expliquer ce qu’il avait pu dire à Thierry Gaubert alors en garde à vue ont été entièrement démenties par les faits eux-mêmes, ce que soulignent avec gourmandise tous les journaux, de l’Express au Nouvel Observateur en passant par le Monde.
En fait il est clair maintenant qu’il y a une vraie panique à bord du bateau Sarkozy ; car on peut mentir, un peu, mais à force de manier le mensonge comme arme de défense, non seulement la défense n’est pas crédible, mais les hommes eux-mêmes ne le sont plus.
Ils pourront tout faire, les Claude Guéant, Brice Hortefeux, Frédéric Lefebvre, Nadine Morano etc…, il n’empêche que les faits sont têtus, et que ce qui, au tout début, pouvait apparaître comme élucubration « acabradantesque » se révèle hélas non seulement plausible mais vérité ; et alors là on a vraiment froid dans le dos pour la démocratie.
Car derrière l’affaire Karachi, c’est enfin toutes les « folies » que fait faire l’appétit de pouvoir ; et il est grand, énorme, incommensurable même chez Nicolas Sarkozy ; alors pour devenir président de la République, il faut franchir des étapes, et il faut de l’argent, beaucoup d’argent, en tout cas beaucoup plus qu’un simple travail honnête pourrait lui apporter ; et on commence à se salir les mains (je vous renvoie pour toutes les preuves de ce que j’avance à deux livres que tout citoyen français se doit de lire avant les prochaines élections : « le Président des Riches » et « Sarko ma tuer ») ; c’est un engrenage qui n’en finit pas et dont la conclusion se trouve dans l’affaire Karachi. Pour se couvrir, on met dans le coup des proches, des intimes, mais en les liant, on les force au silence, aussi ; résultat quand la tempête gronde, tous les moyens sont bons pour tenter le naufrage : mensonges, secrets de l’instruction violé, procureur de la République qui tente de faire obstacle au travail des juges (comme dans l’Affaire Bettencourt !), le tout accompagné d’anathèmes contre ceux qui tentent de découvrir la vérité.
Mais il y a encore plus grave, c’est ce qui se cache derrière cet appétit de pouvoir ! C’est cette espèce de schizophrénie qui habite notre président de la République et ses fans, mercenaires et autres sbires : comment avec toutes ces saloperies qu’on fait par derrière, peut-on encore oser représenter la France ou déclarer qu’on veut le bien des Français ? Comment peut encore continuer à être le garant de la loi lorsqu’on la viole si aisément et que l’on passe son temps à faire des pressions sur la justice par l’intermédiaire des procureurs (l’Affaire des Emplois fictifs en est une autre preuve, si nécessaire était !)
En définitive quelle confiance peut-on encore accorder à Nicolas Sarkozy ; il aurait un tant soit peu d’honneur (mais j’ai l’impression que ce mot ne doit pas faire partie de son dictionnaire), il aurait eu le courage de démissionner : faut-il lui rappeler qu’un certain Richard Nixon, pourtant président des Etats-Unis et républicain, avait eu ce courage en 1974 lorsqu’il avait été démontré qu’il avait trempé dans le scandale du watergate (pour mémoire, avoir mis sur écoute au nom de la sécurité de l’Etat, les bureaux du Parti Démocrate).
Il sera trop facile de rétorquer que tous les hommes politiques sont pourris ; et il ne faudrait pas que l’affaire DSK serve aussi à cela. Car je suis persuadé qu’il y a, même à droite, des politiques, hommes et femmes, qui n’ont jamais oh grand jamais confondu leur vie politique et leur vie personnelle, et qui sont encore totalement intègres ; c’est seulement avec eux qu’il faut compter pour entreprendre la rénovation de notre pays dont la santé a été tant mise à mal par Sarko et consorts.
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