Bigre, en voilà une nouvelle ! Ainsi donc l’agence de notation Moody’s a donc décidé de donner un avertissement à la France ; elle lui accorde un délai de trois mois pour remettre un peu d’ordre dans ses finances, sinon elle lui retire sa note de trois A, avec toutes les conséquences que cela comporte dont, en particulier, avoir des taux d’intérêts beaucoup plus élevés pour emprunter … et Dieu sait si le gouvernement français est gourmand en matière d’argent : quand on sait que depuis 2007, date de l’évènement de Sarkozy, la dette française est passée de 900 milliards d’Euros … à 1600 milliards (la droite française voudrait passer pour être un bon gestionnaire ! et pourtant, elle ne cesse de réduire la dépense publique, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, faisant réaliser à l’état quelques 700 millions d’euros par an …)
Alors des voix dites autorisées s’élèvent pour réclamer un nouveau plan d’austérité ! Ce qui signifierait :
- Une perte énorme de pouvoir d’achat, avec une augmentation des impôts et la création d’autres impôts déguisés, des taxes qui viendraient à frapper tout ce qui ne serait pas de première nécessité … tiens les humoristes ont de beaux jours devant eux, car à quand, par exemple, une taxe spéciale sur le papier hygiénique, histoire d’assainir les comptes publics … Ce serait risible si n’était prévisible un appauvrissement notoire et qui concernera bien évidemment les plus pauvres, et aussi ceux qui sont à la limite du seuil de pauvreté (et même seulement, l’exemple de la Grèce est là pour nous le montrer !) …
- Mais surtout une dégradation considérable de l’emploi : combien de réduction de postes de fonctionnaires déciderait notre gouvernement ? au détriment bien évidemment de postes pourtant jugés prioritaires, comme la police, la santé, voire l’enseignement. Et comme déjà ces services sont, quoi qu’en disent la droite et ses fidèles, dans un état déplorable.
Dégradation de l’emploi veut aussi dire chômage (tiens on entend plus le ministre du travail se vanter de la baisse du chômage, et pour cause, hélas ! : plus de 4% depuis le début de l’année 2011) ; et comme il y aura forcément diminution des allocations chômage, on va condamner de nombreux Français à la misère.
Plusieurs choses me chiffonnent avec cette annonce de l’agence Moody’s.
La première c’est que ceux qui dictent, comme cette agence, leurs lois aux Etats, n’ont que faire des peuples et des travailleurs : ce qu’ils veulent c’est la défense non plus des banques, mais seulement des profits que l’argent peut et doit (selon eux) engranger. Il y a alors dans l’appréhension de la réalité humaine quelque chose à la fois de très malsain et de totalement immoral : c’est l’argent et lui seul qui doit dicter sa loi, et les politiques doivent obéir à ceux qui déterminent ce que l’argent doit rapporter. Les êtres alors ne sont plus que des pions qu’on peut non seulement tailler et mettre en pièces, mais qu’on envisage froidement d’éliminer, voire tuer, du moment que l’argent continue de rapporter. Oui complètement immoral, pire c’est même un appel à l’assassinat que lancent ces agences de notation.
A ce stade je m’interroge : qui a investi d’un tel pouvoir ces fameuses agences de notation ? Sont-elles l’émanation d’un vote démocratique ? Ont-elles fait seulement l’objet d’un quelconque débat parlementaire où des élus des peuples souverains auraient leur mot à dire ?
Non, rien de tout cela : ce sont ceux qui possèdent le pouvoir de l’argent qui ont décrété leur existence…
Quelle tartufferie ! Incroyable : tant qu’il y avait des profits à réaliser, par l’intermédiaire des banques, par exemple, les surprime en étant la démonstration à la fois la plus absurde et la plus immorale qui soit, et tant qu’il y a avait des Etats prêts à cautionner de telles politiques et à permettre de très substantiels profits, quitte à priver de ressources importantes lesdits Etats (comment justifier autrement ces fameuses niches fiscales qui exonéraient toux ceux qui investissaient dans des appartements à l’étranger, enfin dans certains paradis touristiques, ou encore ce trop fameux et sinistre bouclier fiscal !) alors, avant toute. Mais voilà les dettes se sont accumulées (ce qu’on appelle la DETTE – ces majuscules montrant le côté incantatoire et complètement irrationnel de ce concept !, et comme les Etats –enfin, certains de la Grèce à l’Irlande et bientôt la France- ne sont plus en état d’assurer encore ces fameux profits, alors les Agences de notation interviennent et menacent : mais ce ne sont pas ceux qui ont amené cette situation, ni ceux qui en ont profité qui vont payer, non ; ce n’est pas à eux qu’on va demander des comptes, puisque ce sont les mêmes (souvent par personnes et banques interposées, qui ont eu ces profits scandaleux) ; non, bien sûr, et comme leur appétit de profits ne peut être assouvi, eh bien ils vont, en dehors de toute démocratie et par la seule vertu du pouvoir de l’argent, encore un peu plus presser le citron et ce sera ceux qui n’y sont pour rien dans cette crise qui vont devoir payer, c’est-à-dire la majorité du peuple, les travailleurs !
Oui, je comprends les Indignés, car avec ces dictats des agences de notation, leur nombre va augmenter et leurs colère sera légitime.
Non je ne comprends absolument pas nos hommes politiques qui baissent pantalon devant ces dictats : de deux choses l’une ou ce sont des lâches et des faibles (et alors attaquer la gauche molle me fait rire !!) ou alors ce sont des corrompus, des gens qui ont décidé de défendre les intérêts des riches contre ceux qui produisent les richesses dont ils se gavent. Et alors, ils sont indignes de représenter tous ceux qui travaillent.
C’est aussi la raison principale qui doit faire que tous les peuples réunis doivent exiger de leurs représentants élus démocratiquement qu’ils mettent fin aux agissements éhontés et affameurs des agences de notation et de ceux qui sont par derrière en tirent les ficelles.
La tâche est sans doute utopique et en tout cas ardue, mais pourquoi ne pas commencer en France même ? Pourquoi ne pas se saisir des prochaines échéances électorales pour exiger de nos futurs élus qu’ils se démarquent une bonne fois pour toutes de ce système tellement nocif pour l’extrême majorité des citoyens ? Ou alors à quoi serviraient des élections si les électeurs, pour une fois, se saisissaient de ce qui devrait les intéresser avant tout : leur propre destin, et non pas celui de ceux qui les exploitent !
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