Pour un coup de tonnerre, c’en est un et de taille ! AREVA qui annonce froidement un licenciement de 1500 personnes. Et d’avancer pour justifier une telle mesure la double raison, la crise (encore elle !) qui frappe nombre d’Etats, ces derniers étant amenés à des mesures d’économie, et aussi les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima !
Tiens, tiens, nous y voilà ! Et là, j’aurais presque envie de remercier AREVA pour cette déclaration, car elle permet enfin de prendre vraiment conscience de ce qu’est cette énergie, et surtout de balayer un à un tous les éléments scientifiques ou économiques de ses défenseurs.
Tant que les études scientifiques n’ont pas été menées sur les conséquences des radiations nucléaires sur les humains, animaux et sur la nature en général, on pouvait effectivement préconiser ce type d’énergie et faire tout pour la mettre en oeuvre, sachant qu’elle était une alternative quasi idéale aux sources énergétiques traditionnelles dont on sait qu’elles vont rapidement être épuisées. Mais voilà, des empêcheurs de tourner en rond ont voulu en savoir un peu plus, et ont démontré la nocivité de l’uranium, plutonium et autre césium, sans qu’il n’y ait de parade possible ; ce que les faits, car ils sont têtus les faits, ont confirmé : Tchernobyl passant par là et cette année Fukushima.
Oui, rétorquaient (et continuent de le faire d’incorrigibles charlatans) la science saura bien trouver des moyens de sécuriser les centrales, et de protéger les humains, la nature, de cette nocivité ! On aurait bien voulu les croire, tant on s’est habitué au confort que l’énergie nous procure ; mais voilà non seulement l’expérience prouve le contraire, mais pire encore, la sécurité absolue est impossible à atteindre et lorsque la catastrophe se produit, alors ??? Contre un tremblement de terre, contre un tsunami l’homme reste impuissant, et pour solides et protégées que soient les centrales, elles ne résistent guère (surtout lorsque par souci de profit on économise sur les moyens de protection : confer le rapport de l’Agence de sureté nucléaire concernant la construction à Flamanville de l’EPR, rapport qui montre toutes les malfaçons qu’aurait, par souci d’économie, réalisées Bouyghes, mettant en cause la sureté de l’infrastructure de ce nouveau réacteur !)
Sécurité encore ? Quelle imbécile prétention, comme l’a démontré Greenpeace qui a réussi à déjouer tous les systèmes de surveillance et rentrer dans deux centrales nucléaires françaises et ce jusqu’au cœur névralgique ! Ce fait est particulièrement intéressant car il souligne que si on veut une société nucléarisée (quitte à ce que les générations suivantes en subissent les cruelles et douloureuses conséquences !), il faudra alors renforcer la sécurité et arriver, en caricaturant, à mettre un policier pour un citoyen … ce qui veut dire sans caricaturer qu’il faudra un flicage total de la société, puisque chaque citoyen, chaque individu pourra alors cacher un redoutable terroriste ! le mot Liberté ne sera alors qu’un vague souvenir sans aucun contenu réel.
Quant aux raisons économiques qui justifieraient le ,nucléaire, alors là, je ne peux que me poser des questions de bon sens (qui vont aussi dans le sens d’une nouvelle société et d’une nouvelle organisation du travail sur lesquelles il faudrait réfléchir !) :
- Le coût pharaonique d’une centrale nucléaire ; c’est par milliards d’euros (on doit avoir dépassé les 5) que représente l’EPR de Flamanville … à comparer avec ce que coûterait des éoliennes ou n’importe quel autre mode de production d’énergie douce … (mais là nous n’avons pas de chiffres, dommage …), mais même
- Qui maîtrise la construction des centrales nucléaires ? Le scientifique le technicien ou le financier ? ce n’est pas une devinette, c’est en définitive ce dernier qui réussit à imposer sa loi ? et en prime avec une organisation telle que seule une très grande compagnie est capable de l’assumer ! Or comment contester et intervenir sur une organisation d’une telle taille ? A comparer avec les petites unités de production des énergies renouvelables
- D’autant que si on vante le nombre d’emplois que crée une centrale, on oublie de dire alors le nombre x fois supérieur qu’entrainerait la mise en place des énergies renouvelables
En fait, économiquement, par le nombre d’emplois, par les structures économiques et par l’organisation à taille humaine de ces structures, la société a bien plus à gagner économiquement avec les énergies renouvelables !
L’annonce de ce licenciement massif d’AREVA devrait permettre à l’ensemble de la société et aux politiques de réfléchir un peu plus sur le type de société que nous voulons, et sur le type d’énergie que nous souhaitons. Et attendre la catastrophe ultime est d’une irresponsabilité qui fait froid dans le dos, surtout lorsqu’elle absolument mésestimée voire niée par les responsables politiques ; à ce niveau l’attitude des responsables japonais devrait nous faire réfléchir : ils ferment progressivement et très rapidement toutes leurs centrales nucléaires (ils ont fait passer la part de production électrique du nucléaire de 30% à 5% et ce de façon très rapide, quitte à imposer pour le moment des restrictions qui peuvent sembler drastiques, mais qui finalement se justifient amplement !) et parallèlement, même s’ils ont rouvert des centrales thermiques (sources évidentes de pollution), ils accélèrent la recherche et la mise en place de sources d’énergie douce.
J’ai été un peu surpris de la réaction des syndicats d’AREVA face à l’ annonce de ce licenciement ; ne défendre que l’emploi revient alors à accepter l’énergie nucléaire comme inéluctable et définitive. Mais défendre ces 1500 emplois ne serait-ce pas exiger une reconversion pour eux ? Que diable, si des ingénieurs de très haut niveau sont capables de réfléchir sur le nucléaire, ne sont-ils pas capables d’exercer leur talent dans d’autres domaines énergétiques ? Si des ouvriers de très grande compétence sont capables de s’occuper de centrales nucléaires, pourquoi ne seraient-ils pas capables après une nécessaire formation d’œuvrer dans l’éolien, le voltaïque et autres domaines non encore exploités mais tout aussi prometteurs comme l’éolien sous-marin … sans compter ceux que l’ingéniosité humaine aura trouvés !!!
Et plutôt que de faire de grands discours sur la nécessaire protection de l’environnement, pourquoi ne pas avoir profité du Grenelle de l’environnement pour favoriser par des mesures incitatives la recherche et le développement de toutes les énergies douces alternatives ? Mais au contraire, et pire, au prétexte qu’il faut faire des économies, on a réduit les quelques mesures qui pouvaient les faciliter !
Mais voilà il faudrait une volonté politique réelle de changement de société ; et comme, de la droite (cela c’est normal, les Sarko et cie n’ont pas du tout la même philosophie – on aura sûrement l’occasion d’y revenir !) à la gauche, et là le « camarade » Hollande est particulièrement décevant, il semblerait qu’il y ait un consensus pour ne pas remettre en cause définitivement le nucléaire …
Comment ne pas être alors désabusé, et un peu pessimiste sur cette société qu’on est en train de nous forcer à accepter … à moins que Dame Nature par un de ces revirements dont elle a le secret nous force à ouvrir les yeux …
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