Ils avaient pourtant mis le paquet sur France 3 et ils avaient fait une telle publicité qu’il était pratiquement impossible d’échapper, en ce jour de grâces et de Noël 2011, au Raspoutine de Josée Dayan, avec en rôle titre Gérard Depardieu !
Je veux bien qu’on Depardieuise le cinéma mais crétiniser à ce point le spectateur relève plus de l’entreprise de démolition que d’une œuvre culturelle sur fond historique !
Crétiniser le mot n’est pas exagéré : car le personnage de Raspoutine est traité avec tous les clichés que les historiens de bas étage ont su lui donner : personnage pseudo mystique, dépravé, et manipulateur politique ! Certes il est tout cela, mais avec une toute autre dimension que celle qui lui a donnée Gérard Depardieu ! Mortellement ennuyeux par la façon plus que conventionnelle avec laquelle il est rendu ; caricature totale de ce moine, aucune fantaisie qui puisse emballer le spectateur ! Et il ne faut pas compter sur les autres personnages pour donner au film un tant soit peu d’intérêt ! Une conspiration qui va durer un bon tiers du film ! Un tsar, certes pâlot historiquement, mais qui ici devient franchement ridicule, quant à la tsarine, même interprétée par Fanny Ardant, ce n’est pas elle qui va sauver ce film.
Si ce film a pour seule ambition cachée de révéler l’égo de Gérard Depardieu, alors oui, c’est une totale réussite, mais comme on est loin, très loin même, de la vision aventurière, cynique, toujours pleine d’imprévus et sujette à favoriser tous les ressorts dramatiques, que nous offre de Raspoutine un certain Hugo Pratt !
Infantilisé le spectateur ?
Qui aurait pu penser que la Ville de Rennes se laisserait séduire par la même tentation ?
Quel est l’inculte et insensé responsable culturel qui a laissé offrir en pâture l’immonde spectacle donné chaque soir à de nombreuses reprises place de la Mairie ?
Pourtant le badaud est alléché et à juste titre, par le savant et bien ficelé jeu de projections visuelles sur la façade de l’Hôtel de Ville ; à défaut de réelles trouvailles, il y a un savoir faire technique qui intéresse, voire séduit par moments l’œil, même celui le plus rompu à ce genre de pratiques.
Mais alors quand commence le spectacle proprement dit, quelle déception !
Est-ce cela un moment féérique auquel on s’attend au moment des fêtes ? Prendre comme support des informations économiques dont le côté partisan est évident ? N’y avait-il pas une autre façon d’aborder le côté malsain et nocif de la société capitaliste ? Et rabâcher presqu’en boucle ces informations brutes de licenciements était beaucoup plus de l’ordre de l’intoxication catéchistique que de la création artistique … il y a tellement longtemps, depuis un certain Jdanov qu’on a compris qu’il y n’avait rien de plus anticulturel que la liaison entre arts et éloge du socialisme ou critique du capitalisme.
Mais le comble était à venir : qu’est-ce que cet enfant qui s’exprime comme un adulte, qui emploie des mots et des expressions dont on n’est même pas sur qu’il en comprenne le sens ? Bâtir tout un scénario sur un tel qui pro quo qui nie jusqu’à la personnalité et l’originalité de l’enfance relève d’une aberration que seule la volonté de transmettre une idéologie socialiste a pu ignorer.
Car c’est bien là le côté le plus affligeant de ce spectacle c’est qu’à force de vouloir être le thuriféraire du socialisme il en arrive à détruire même toute la force de ce courant ! Il lui cause en réalité bien plus de tort que toutes les absurdités commises par la droite au pouvoir.
J’ignore ce que cette œuvre de non art total a pu coûter à la Ville de Rennes et au contribuable rennais, par contre, tout ce que je sais, c’est qu’une telle dépense aurait pu être affectée bien plus utilement à nombre d’associations culturelles et que Municipalité et ses courants politiques en auraient tiré de bien plus grands profits !
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