Il paraît que c’est une véritable tempête politique, cette condamnation de Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.
Ce n’est pas parce que l’homme Chirac peut apparaître bien plus sympathique que l’actuel et très momentané locataire de l’Elysée, que nous devons oublier toutes les belles embrouilles de l’ancien président de la République.
Eh bien non, je n’ai aucune compassion vis-à-vis de Jacques Chirac, et je me réjouis que la justice ait pu faire enfin son travail y compris sur l’être le plus puissant qui ait pu être. Et je regrette même l’erreur politique énorme d’un Bertrand Delanoë qui a préféré négocier avec l’UMP et retirer sa plainte au nom de la Ville de Paris dans l’affaire des emplois fictifs de Jacques Chirac : s’il l’avait maintenue, nul doute que la condamnation de Jacques Chirac eût été plus lourde, ne serait-ce que par les dommages et intérêts qu’il aurait du supporter.
Car enfin, il faut quand même se rappeler toutes les magouilles auxquelles Jacques Chirac s'est livré dans sa carrière politique, depuis le classement en monument historique de son château corrézien, jusqu’aux énormes frais de bouche qu’il s’est octroyé comme maire de Paris (à l’époque 5.000 Francs par jour !), sans oublier les appels d’offre truqués en faveur de petits copains sur les collèges et lycées de Paris au détriment du contribuable parisien, et ce pour financer son parti politique et les actions politiques du premier d’entre eux, c’est-à-dire Jacques Chirac lui-même. Mille fois hélas, la plupart de toutes ces embrouilles sont prescrites ou enterrées et son auteur ne sera jamais condamné pour elles. N’est-ce pas Jacques Chirac qui a commencé à tellement bien asservir la justice qu’il a même été jusqu’à faire adopter cet amendement scandaleux, comme quoi un Président de la République n’était absolument pas justiciable durant toute la période de sa mandature : j’en connais un, hélas, qui en profite actuellement !
Et dire, comme cela a été proclamé urbi et orbi par sa fille adoptive, comme par tous les responsables gouvernementaux ou de l’UMP, que cette condamnation était un outrage au vécu et passé politique de Jacques Chirac, qui avait toujours servi la France avec grandeur, on croit rêver !
N’est-ce pas lui qui avait fait de la réduction de la fracture sociale l’un des thèmes privilégiés ? Et on l’a bien vu dans les faits : cela a été le grand bond en avant du chômage, l’accélération de la pauvreté.
Si la grandeur de Jacques Chirac se mesure à tous ces avantages qu’il s’est octroyé, billets d’avions de complaisance, séjours luxueux dans de somptueuses résidences à l’étranger et tout cela payés sur le dos des contribuables, alors oui il a été un très grand président … pour lui, mais pas pour les Français dont il avait l’impérieux devoir de s’occuper.
Quant à la grandeur de la France, l’Histoire ne retiendra qu’un seul fait : c’est son opposition à la seconde guerre contre l’Irak décidée par Bush junior … c’est quand même bien peu pour douze ans de présidence !
Oui, un grand coup de chapeau à ce tribunal qui a eu le courage de condamner Jacques Chirac, il faut espérer que cette condamnation permette de moraliser un peu la vie politique de certains de nos dirigeants qui, de l’Affaire Bettencourt à l’Affaire Karachi, sont très loin d’être aussi propres et purs qu’ils le prétendent.
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