Je cherche à comprendre, et j’ai beau retourner dans tous les sens les différents termes de l’équation, j’ai l’impression de nager en plein brouillard.
Alors récapitulons : conformément à la législation, les syndicats des personnels chargés de la sécurité dans les aéroports ont déposé dans les délais légaux (c’est-à-dire 5 jours avant la grève) un préavis de grève dont les revendications étaient à la fois les conditions de travail et les salaires. Ces cinq jours, selon la loi, doivent être consacrés à une recherche de solution pour obtenir un accord entre le patron et les syndicats, ce qui passe obligatoirement par des discussions et des négociations.
Or il se trouve que les patrons ont fait la sourde oreille, se plaçant ainsi déjà dans l’illégalité la plus totale. Normalement l’autorité de tutelle, le gouvernement en la personne de la ministre des transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, aurait du intervenir auprès dudit patron et lui faire remarquer que toute infraction à la loi pouvait être sanctionnée ? L’a-t-elle fait ? Peut-être, mais en tout cas, pas en termes suffisamment clairs et durs pour qu’il réagisse. Et …
Malheureusement comme très souvent dans ce cas, le patron n’a pas réagi, et donc le personnel s’est mis en grève.
Après une intoxication lamentable des médias (on se demande encore pourquoi on paye une redevance Télé !) où le matraquage a frisé l’indécence (tout était de la faute des syndicats et du personnel, et jamais il n’a été dit que les patrons n’avaient pas obéi à la loi ! par contre on a toujours entendu dire que les passagers et vacanciers étaient pris en otages par le personnel, alors que c’étaient les patrons et le gouvernement qui par leur refus d’ouvrir des négociations les prenaient en otages). Il a fallu attendre quatre jours pour que les patrons commencent à réagir et reçoivent les syndicats.
Et là il faut non plus s’interroger mais considérer seulement les faits !
Ils (les patrons) n’ont réagi que lorsque ils ont entendu le gouvernement menacer que les forces publiques de sécurité (entendez police et gendarmerie) pourraient remplacer les grévistes.
Alors, ils (les mêmes patrons) pouvaient commencer à réagir et d’une façon fort hypocrite : on sauve les apparences et les formes légales, on reçoit les syndicats, mais inutile de leur donner satisfaction, ne serait-ce que de façon partielle, puisque le gouvernement, quoi qu’il arrive, sera de notre côté et fera intervenir la force publique ! Et ce en utilisant les arguments les plus bas possibles : ces salauds (ils ne l’ont pas dit, mais ils le pensaient très fort !) de grévistes vont empêcher les pauvres travailleurs d’aller passer des vacances de Noël en famille ou aux sports d’hiver ! Mais ce ne sont pas le fait des grévistes, combien de fois faudra-t-il le répéter ?, mais bien cveluides patrons qui ont refusé de négocier dans les temps, et du ministre qui n’a pas su, pu ou seulement voulu les contraindre à négocier !
Merci madame Nathalie Kosciusko-Morizet, Monsieur Claude Guéant vous ne pouviez être plus clairs : à défaut d’avoir défendu les revendications des travailleurs (gagner 1.300 euros par mois et travailler bien au-delà des 35h légales, c’est sûrement pour vous, une condition des plus enviables ! je ne vous ferai pas l’affront de vous demander le montant de vos revenus , mais je gage fort que vos fins de mois ne sont certainement pas aussi difficiles que celles des travailleurs de sécurité dans les aéroports !), c’est sûrement plus confortable de sanctionner les mêmes travailleurs et de donner un coup de main aux patrons !
Beaucoup d’autres de vos attitudes ne nous le laissaient sous-entendre, mais là au moins la situation a l’avantage d’être claire.
Et surtout ne dites pas que vous avez le souci des travailleurs … y croyez-vous vous-mêmes ?
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