Marc Levy : Et si c’était vrai …
Il paraît que, lorsqu’on se pique de littérature, il ya des auteurs beaucoup trop à la mode dont il ne faut absolument pas parler, que dis-je parler, même pas citer ne serait-ce que par allusions …
Et Marc Levy en ferait partie !
Pour être franc, il ne me serait même jamais venu à l’idée d’en lire une ligne, si l’on (je n’en dirais pas plus, tant je tiens à la réputation de cette personne qui se cache bien pratiquement derrière ce on !!!) ne m’avait prêté ce petit roman …
que je dois, à ma très grande honte, avouer avoir lu avec beaucoup de plaisir.
Histoire simple mais qui intrigue, puis vous enchaîne tant il vous faut en connaître l’issue. Une jeune interne, Lauren, a un stupide accident de la route qui la plonge dans un profond coma ; mais voilà, sa partie « spirituelle » se détache de son enveloppe matérielle et vient se réfugier chez un architecte, Arthur ; celui-ci, d’incrédule au début, va peu à peu se prendre d’intérêt pour son « fantôme » puis en devenir tellement amoureux que le jour où Lauren lui apprend que les autorités médicales envisagent d’euthanasier son enveloppe physique, il décide de kidnapper son corps ; et pour ce faire va demander l’aide de son associé !
La fin je ne vous la livre pas ; parce que d’abord, ce serait trop facile, et cela vous éviterait, fainéants que vous êtes, de lire ce roman dont je vous conseille fortement la lecture (même si ce n’est pas un chef d’œuvre impérissable, mais patience j’y arrive !) ; parce que, ensuite, il y a plusieurs pièges, hypothèses que vous ne pourrez pas ne pas formuler sur toutes les fins possibles, il y en un, en particulier, que vous ne saurez éviter, et paf ! manque de chance, ce ne sera pas non plus la bonne fin !
Roman plein de fraîcheur, c’est toujours bon aussi à prendre dans ce monde actuel qui pue à plein nez magouilles, combinaisons sordides, oppressions de toute sorte, physique et morale ! On rêve un peu et beaucoup comme dans ces romans de Barjavel ou de Knittel (qui se souvient de « Basalte bleu »ce petit roman qui a fait les délices de ma jeunesse ?).
On rêve beaucoup même, et c’est encore une fois et toujours la triomphe du Bon sur le Méchant, du Bien sur le Mal ; il n’y a pas réellement de conflit, de tension entre les deux, même le policier qui enquête sur la disparition physique de Lauren, a vite fait de rendre les armes.
Et c’est déjà en ce sens qu’il ne s’agit pas là d’un chef d’œuvre de la littérature : car le déroulement ne vient pas d’une tension entre les principaux personnages, mais seulement d’une conviction que le bien (l’amour d’Arthur pour Lauren) ne peut être que victorieux, d’autant qu’il n’a pas de réels obstacles à surmonter, tous ceux qui surgissent sont vaincus tellement facilement !
C’est encore et aussi le problème de ce genre de littérature : comme les difficultés ordinaires ou non de la vie sont gommées, tout peut alors se passer comme dans un rêve ; l’exemple type nous est fourni par ce qui nous est dit de la vie de la mère d’Arthur ; elle a supprimé – mais on ne sait pas au prix de quels efforts, ou plutôt elle ne nous en donne pas le processus – toutes les souffrances intimes qu’elle a vécues pour ne garder qu’une leçon très morale de la vie d’où sont absents tous les conflits quotidiens ou non …
Il est donc alors facile de bâtir de beaux contes, car ce roman en est un indéniablement, n’étant qu’une des variantes possibles du « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ».
Et si vous gardez en mémoire cette distanciation critique (si je me mets à parler comme un docte théoricien !), il n’est pas certain du tout que Mar Lévy continue à vous enchanter … mais cela c’est une autre affaire, et dès que j’aurai un moment je vais m’empresser d’aller le vérifier !
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