Humeurs … et parfums de scandale !
Quel titre ? Comment parler de parfum lorsque les deux scandales qui secouent le monde politique français actuellement ont cette odeur d’argent sale.
Commençons par le dernier en date !
Je m’étonne que la droite continue à défendre l’indéfendable Sarkozy : les preuves sont tellement criantes qu’il y a eu à deux reprises en 2007 lors de la campagne présidentielle un versement de 400.000 euros en faveur du candidat Sarkozy ; la commission rogatoire qui a enquêté en Suisse a retrouvé la trace de ces retraits et les protagonistes de l’affaire qui gravitent (ou gravitaient) autour de Madame Bettencourt, sont formels : cet argent a bien été versé à des proches de Sarkozy ; qui ne pouvait l’ignorer, lui qui a rendu curieusement visite lors de la même époque à deux reprises au moins à Madame Bettencourt.
Rendons au moins grâce à Sarkozy, qu’il a eu la reconnaissance du ventre, lui qui a fait voter dans la foulée de son élection, le fameux bouclier fiscal qui a permis à … madame Bettencourt de toucher en 2008 quelques 30 millions d’euros : excusez du peu ! Et si vous êtes bons financiers, ce dont je ne saurais douter, vous noterez que le rapport 800.000 a 30 millions est un excellent rendement ! remarquons au passage que cette reconnaissance ne coûtait à Sarkozy que … les sous des contribuables, et non les siens propres !
Alors comment décline-t-on le mot honnêteté en politique ?
Et si vous voulez en savoir vraiment plus sans risquer l’écoeurement à vie, allez donc jeter un coup d’œil sur Mediapart ou encore dans les archives du Canard Enchaîné !
Bon, on se disait, ou tout au moins on pouvait espérer que la gauche arrivant au pouvoir, la moralité politique allait reprendre ses droits …
Que nenni ! Et voilà une des pièces maîtresses du dispositif Hollande, Jérôme Cahuzac qui tombe à son tour (Je laisse de côté la fameuse notion de « présumé innocent » -voir plus bas !) comme un vulgaire Eric Woerth dont je rappelle au passage qu’il est lui-aussi mis en examen dans l’affaire Bettencourt ! Avouez que faire du lobbying pour des laboratoires pharmaceutiques (et recevoir pour cela de coquettes sommes) tout en étant chirurgien ; et continuer ces activités de lobbying tout en étant député (quel beau mélange que cette confusion entre la vie publique et les affaires privées !), cela fait un peu désordre … tant que cela ne se sait pas trop … mais que l’argent ainsi gagné (et pas forcément d’une façon très propre !) vienne alimenter un ou des comptes suisses, cela fait encore beaucoup plus désordre, surtout lorsqu’on se réclame d’une idéologie, celle du socialisme où la notion d’argent, de rémunération de travail est très fortement liée à l’éthique !
Mais, non, ne me faites pas dire : tous pourris ! Je connais des gens de droite comme de gauche foncièrement honnêtes … mais malheureusement pour nous, ils sont sans doute trop honnêtes pour occuper les places que leur seule probité mérite : les coquins l’emporteraient donc toujours ? Hélas !
On me fait bien rigoler avec cette notion de présumé innocent : je note avec amertume qu’elle n’est jamais autant revendiquée que lorsque des « puissants de ce monde » sont empêtrés dans des affaires qui ne sentent pas bon du tout ; mais que, pour le commun des mortels, on ne s’embarrasse pas d’une telle formule. A preuve, le nombre d’innocents à qui l’on a non seulement refusé cette présomption d’innocence, mais que l’on condamnés et que l’on a laissés croupir dans la misère de nos prisons.
Je note avec tout autant d’amertume que l’on va s’insurger si la justice commence, à juste titre, à chercher des poux dans les affaires plus que douteuses, alors qu’on n’a aucune attention, que dis-je attention, même pas un seul regard, lorsqu’il s’agit de condamner une chômeuse qui a volé un bout de pain.
Et vous trouvez avec tout cela qu’elle est bien foutue notre société ?
Bon, soyons optimistes, la justice saura bien nettoyer un peu toutes ces écuries d’Augias.
Et puis ce soir, j’entends la réaction d’un Guaino qui ose déclarer que « Le juge Gentil a déshonoré la justice (en mettant en examen Sarkozy) » Evidemment sous Chirac et Sarkozy, le parquet avait tellement l’habitude de faire pression sur les juges, et avait tellement l’art d’étouffer le commencement d’une procédure qui pouvait impliquer des hommes politiques dans des affaires louches, que cela peut sembler drôle que la justice prouve son indépendance face au politique. Mais il n’empêche que, oser émettre des tels propos devrait relever d’une procédure de diffamation.